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Photo Novella de Giorgi |
Les
mangeurs d’aurore - Michèle Bouhet
Tu ne savais
pas que l’enfer
n’avait pas
vomi tous ses damné.e.s dans les camps
plus de salive
dans la bouche
lèvres qui se
déchirent,
langue devenue
morceau de bois
dernier
souffle de tes camarades, véritables sacs d’os
humiliation
suprême de l’humain par l’humain
pourquoi
tu traverses
tu résistes
sans trop savoir comment
échappée
d’un poème d’entre vos dents noires
te voilà
revenue d’entre les morts,
à la face de
tes semblables qui ne te voient pas
quand l’intime
s’éprouve
un jour
nouveau s’éveille des obscures clartés
visions
surgissantes des mangeurs d’aurore
à la table de
l’humanité
avec pour
viatique
le cri du
silence des voix disparues
la puissance
de vie qui t’habite
l’audace de
la parole que tu oses
et les mots de
Charlotte Delbo
je vous en
supplie, faites quelque chose
apprenez un
pas, une danse
quelque
chose qui vous justifie
qui vous
donne le droit d’être habillés de votre peau de poil
apprenez à
marcher et à rire
parce que
ce serait trop bête à la fin
que tant
soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie
Bernadète
Bidaude
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Photo Pôm Bouvier b |
Darline
Gilles - Danser jusqu’à saigner le ciel-
Danser jusqu’à
saigner le ciel
en pressant
l’âme et les gestes,
le corps vibre
comme la corde de l’arc
sous la flèche
des mots inaccomplis
tu parles pour
franchir le col de l’interdit
où dérive
l’esprit d’une nuit d’encre
sexe
verrouillé par le sort
sortilège
levé par le viol
tu gravis la
colline de tes peurs
tu marches sur
une voie étroite
entre
murailles et précipices
oscillations
soudaines
l’espoir
frappe au carreau de la nuit
ton rêve
tient tête
la lune en
veilleuse
ta bouche
coquillage se pare
des forces de
l’enfance
et s’élève
comme fumée au ciel
pour tracer
l’axe tremblant du cœur
et tu danses
briser les
encerclements
danser jusqu’à
saigner le ciel
en pressant
l’âme et les gestes
goutte à
goutte de l’alambic de pure folie
une poésie
coule
Bernadète
Bidaude
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Photo Novella de Giorgi |
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Photo Novella de Giorgi |
Najoua
Darwiche - Celle qui ne savait plus rêver
Velours bleu
noir le pan de nuit se lève
le fil de la
mémoire endormie se révèle
chrysalide
tremblante tu émerges
tu émerges
de tes nuits de chasseuse de plaisir
où ta meute
toutes danses et gueules en avant
glisse
jusqu’à la chute un matin de brume
des miettes de
l’enfance restent collées à tes lèvres
quelque chose
de toi est tombé dans l’herbe
comme peau de
serpent dans les pierres après la mue
à ton
oreille un bourdonnement d’abeilles
des mots dans
ta bouche
jaillissent
recouverts de peine de miel
et de mille et
une nuits
et te voilà
en quête des mots de passe
cette façon
de dire quelque chose d’autre est possible
toi qui ne
savait plus rêver
à voix haute
tu arpentes
des
territoires imaginaires
à ton cou un
collier de perles du Liban
à ton
oreille un coquillage
d’où
s’échappe des histoires sans âge
et un rire
en
porte-bonheur
Bernadète
Bidaude
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Photo Novella de Giorgi |
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Photo Pôm Bouvier-b |
Hélène
Palardy - Ô Janis !
Port-Arthur
Texas
Ô Janis ! Te
voilà !
pulsation
accordée au rythme de ta douleur et de ta joie
boa rose et
colifichets tape-à-l'œil
fureur du sang
soleil noir
bondissant
ça cogne dans
ta tête !
tu dévores la
suffocante lumière
un nuage sort
de ta bouche
ta voix noire
de blanche
vive jubilante
intense
cogne trop
fort l’angoisse
les soirs
d’effluves acides
vulnérable,
tu montes et tu descends comme la température
souffle
arraché
tu météores
les racines de ta langue
tranchée au
rock de ta joie
tu flower
power, tu flambeuse fameuse on the stage
ange de l’être
tu répares l’espace
les soirs de
blues
l’héroïne
imprime sur ta rétine
tes amours bi
et je
t’imagine comète revenue du royaume des morts
goutte d’eau
qui met le feu à la plaine
légende
vivante ta voix noire de blanche
me serre, ma
sœur libre
Ô Pearl, Ô
Janis
Ô Hélène !
Bernadète Bidaude
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Photo Novella de Giorgi |
Grande Soirée Révolte et
traditions –
Myriam Pellicane- Anne Deval- Cécile Delhommeau- Aline Hemagi Fernande – Annukka Nyyssönen- Darline Gilles-
Myriam Pellicane- Anne Deval- Cécile Delhommeau- Aline Hemagi Fernande – Annukka Nyyssönen- Darline Gilles-
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Photo Novella de Giorgi |
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Photo Novella de Giorgi |
Nous ne
comptons pas
le plus clair
de nos heures passées
à ouvrir le
coffre à merveilles
des traditions
à interroger le ventre secret de nos révoltes.
Et pour un
rien
tant de remous
de stupeur d’effondrement de colère de jubilation
pour rejoindre
les sources
désembroussailler
les racines
identifier les
renversements.
Nos mains
liées et offertes
alors que
reviennent les énigmes
nous refusons
de ne rien comprendre
quand la peur
pose son caillou dans le ventre.
Images
modernes et primitives
entre limbes
révélatrices et inquiétudes en archipels
entre les
silences et les mots, les oui et les non
en valses
subtiles et radicales
le feu Sistas
nous révèle à nous-mêmes.
Nous ne sommes
pas vieilles, disent les traditions
Nous ne sommes
pas jeunes crient les révoltes
mais toutes
sans âge.
Nous sommes
mouvement,
renouvellement,
oscillations
des mémoires,
reliées par
des points visibles et invisibles.
Nous sommes
l'ovation debout à la fin de l’histoire
en écho à
la grâce de l’indicible
et du grand
dérangement de nos certitudes.
Bernadète
Bidaude
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Photo Pôm Bouvier b |
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Photo Novella de Giorgi |
Ummée
Shah - Kali la noire
Âme double
ce qui est en toi te dépasse
va et vient
entre le corps et l’âme
tu trouves la
posture impossible.
Entre tes
cuisses, le sang coule.
tu tangues
entre colère et vengeance
Tu
t’arc-boutes, tu résistes, tu te tiens à la pointe du présent
vertèbre
après vertèbre, entre profane et sacré
tu déroules
le tapis du mythe.
Féminin
sacré, bafoué
objet de
vénération et de désir
Kali la noire,
déesse et prostituée
éclabousse
tes lieux hybrides
Tu parles pour
retrouver le fil de ta vie
tu
déshabilles l’histoire
pour oser te
dire à toi-même :
mon visage
cherche mon visage perdu
Bernadète
Bidaude
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Photo Novella de Giorgi |
Laurence
Loutre Barbier – Les Habitantes -
Un trou dans
le grillage – poésie et expo photos-
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Photo Novella de Giorgi |
Amélie
Armao - Juste une trace
Frottements
discrets sur les dalles
zone
frontière, zone de passage
les lavoirs
soupirent.
Mais si vous
tendez l’oreille
d’autres
murmures, d’autres bruits
d’autres souffles vous parviennent
de bois, de
pierre, de terre et d’eau.
Un gros bloc
de savon se fendille
les récits
d’un temps de patience
se déversent
entre les draps brodés
menue fierté
des mains rougies par l’ouvrage quotidien.
D’anciennes
langues flottent
secrets
chuchotés à la source
où barbotent
des langes d’enfance ensilencée
qui trouent
les bavardages
d’une
empreinte ineffable.
D’autres
histoires flottent sur l’eau,
la dame
blanche s’invite entre les rires de vies furtives.
Légendes
sous les battoirs d’un savoir populaire
essorées
dans le linge devenu linceul
d’où
s’échappe une complainte sans âge.
Juste une
trace
Bernadète
Bidaude
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Photo Novella De Giorgi |
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Photo Novella De Giorgi |
Catherine
Perlioz - Animale
Grogne,
grogne, grogne
mords mords
mords
il y a quelque
chose d’étrange
aucune musique
ne protège de pareilles morsures
gueule rieuse,
tu cavales
gueule
retroussée, crocs assoiffés tu bondis
les cheveux
ruisselants, la bouche contractée,
l’âme
animale se repait
salive mousse
rosie au coin du mufle
entre chienne
et louve
les souvenirs
d’affûts dans les bois mauves t’agitent
qui mange qui
?
miroir ou se
dédouble les regards
le beau de
l’endroit le laid de l’envers
le laid de
l’endroit le beau de l’envers
chair striée
de lunes de nacre
âmes
animales
le conte
émerge comme un essaim d’abeilles
entendez-vous
cette horde moirée
ce rire
profond ces sabots ensauvagés ?
entendez-vous
cette fronde chevauchée
à cru
de la marche
du monde ?
Bernadète
Bidaude
MARDI 10 MARS
Salle de réception 17H00 OUVERTURE !
Les SISTAS se présentent.
18H00
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Michèle Bouhet : « LES MANGEURS D’AURORE » Cie de la Trace.
Les mangeurs d’aurore est un spectacle créé à partir du témoignage de Renée Sarrelabout, déportée en camp de concentration à l’âge de 21 ans en 1943. Il ne s’agit pas ici de devoir de mémoire mais plutôt de s’inscrire dans une histoire humaine, tragiquement humaine.
Ce spectacle oscille entre la puissance de la vie de son héroïne et la barbarie du régime nazi ; il porte aussi le cri du silence des voix disparues.
Un duo avec Antoine Compagnon (musique, chant, poésie) et mise en vie scénique par Jean-Louis Compagnon, exceptionnellement présenté en solo par Michèle Bouhet dans le cadre de l’évènement SISTAS au Château d’Oléron.
Salle de réception 17H00 OUVERTURE !
Les SISTAS se présentent.
18H00
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Michèle Bouhet : « LES MANGEURS D’AURORE » Cie de la Trace.
Les mangeurs d’aurore est un spectacle créé à partir du témoignage de Renée Sarrelabout, déportée en camp de concentration à l’âge de 21 ans en 1943. Il ne s’agit pas ici de devoir de mémoire mais plutôt de s’inscrire dans une histoire humaine, tragiquement humaine.
Ce spectacle oscille entre la puissance de la vie de son héroïne et la barbarie du régime nazi ; il porte aussi le cri du silence des voix disparues.
Un duo avec Antoine Compagnon (musique, chant, poésie) et mise en vie scénique par Jean-Louis Compagnon, exceptionnellement présenté en solo par Michèle Bouhet dans le cadre de l’évènement SISTAS au Château d’Oléron.
REPAS
21H
Théâtre de la Citadelle
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Darline Gilles : « DANSER JUSQU’À SAIGNER LE CIEL »
Ada veut devenir danseuse. Son père désapprouve son choix. Il pense que la danse, c’est pour les libertines, mais pas pour les filles bien. Ada, refusant d’abandonner son rêve, lui tient tête. Pour la punir, son père va voir un houngan, et lui demander de verrouiller le sexe de sa fille têtue. Une bande de jeunes garçons du quartier dont le frère fait partie ont eu vent de l’histoire du verrouillage sexuel de Ada, veulent tenter l’expérience de lever le sortilège en la violant. Son frère est parmi les agresseurs.
«Danser jusqu’à saigner le ciel» est un monologue qui rejoint nos histoires et nos chaînes, raconté par un es- prit tourmenté, aux accents de démence. Une altération abrupte du corps et de l’esprit pour obtenir, en pressant l’âme et les gestes, en les poussant à bout, une poésie qui coule goutte à goutte de l’alambic de la folie pure, celle que nous partageons dans notre humanité froide et sexuée.
C’est une performance complétée par la projection d’un film réalisé par Éléonore Coyette.
Théâtre de la Citadelle
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Darline Gilles : « DANSER JUSQU’À SAIGNER LE CIEL »
Ada veut devenir danseuse. Son père désapprouve son choix. Il pense que la danse, c’est pour les libertines, mais pas pour les filles bien. Ada, refusant d’abandonner son rêve, lui tient tête. Pour la punir, son père va voir un houngan, et lui demander de verrouiller le sexe de sa fille têtue. Une bande de jeunes garçons du quartier dont le frère fait partie ont eu vent de l’histoire du verrouillage sexuel de Ada, veulent tenter l’expérience de lever le sortilège en la violant. Son frère est parmi les agresseurs.
«Danser jusqu’à saigner le ciel» est un monologue qui rejoint nos histoires et nos chaînes, raconté par un es- prit tourmenté, aux accents de démence. Une altération abrupte du corps et de l’esprit pour obtenir, en pressant l’âme et les gestes, en les poussant à bout, une poésie qui coule goutte à goutte de l’alambic de la folie pure, celle que nous partageons dans notre humanité froide et sexuée.
C’est une performance complétée par la projection d’un film réalisé par Éléonore Coyette.
MERCREDI 11 MARS
Théâtre de la Citadelle
18H00
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Najoua Darwiche : « CELLE QUI NE SAVAIT PLUS RÊVER » Le Mur du Songe - La Javanaise.
Lou est une enfant des années 80. Génération Y. Chaque nuit, elle se glisse dans le cœur vibrant de la ville, se nourrit de plaisirs éphémères, retrouve sa meute et danse jusqu’au matin.
Dans cette vie nocturne qui bat à 100 à l’heure, quelle place reste-t-il pour le rêve, l’imaginaire et l’accomplissement ?
Mise en scène et collaboration à l’écriture : Anne Marcel. Création Lumière : Guillaume Suzenet - Collaboration sonore : Clément Richard
Co-production et soutiens : Théâtre des Carmes André Benedetto, Le Nombril du Monde, La Cie du Cercle, URFR de Poitou-Charentes
Théâtre de la Citadelle
18H00
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Najoua Darwiche : « CELLE QUI NE SAVAIT PLUS RÊVER » Le Mur du Songe - La Javanaise.
Lou est une enfant des années 80. Génération Y. Chaque nuit, elle se glisse dans le cœur vibrant de la ville, se nourrit de plaisirs éphémères, retrouve sa meute et danse jusqu’au matin.
Dans cette vie nocturne qui bat à 100 à l’heure, quelle place reste-t-il pour le rêve, l’imaginaire et l’accomplissement ?
Mise en scène et collaboration à l’écriture : Anne Marcel. Création Lumière : Guillaume Suzenet - Collaboration sonore : Clément Richard
Co-production et soutiens : Théâtre des Carmes André Benedetto, Le Nombril du Monde, La Cie du Cercle, URFR de Poitou-Charentes
REPAS
21H
Théâtre de la Citadelle
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Hélène Palardy : « Ô JANIS ! » Cie des 3 pas.
Le rock a ses mythes et ses symboles. À 27 ans, Janis Joplin devient une légende.
La chanteuse blanche à la voix noire a laissé une em- prunte durable par sa personnalité complexe, sa voix unique, le don entier d’elle-même à son art, et sa mort tragique.
Hélène Palardy, chanteuse rock et conteuse, met sa voix au service de ce biopic chanté, décalé et intime de Janis. L’occasion de comprendre cette époque et ce qu’elle dit de la nôtre dans un spectacle habité.
Regard extérieur : Myriam Pellicane
Arrangements musicaux : Marc Savev
Partenaires : le Nombril du Monde, le Centre des Arts du Récit en Isère, la Maison du Conte de Chevilly-Larue, URFR de Poitou-Charentes, la FDFR 52, Chiny cité des contes.
Théâtre de la Citadelle
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Hélène Palardy : « Ô JANIS ! » Cie des 3 pas.
Le rock a ses mythes et ses symboles. À 27 ans, Janis Joplin devient une légende.
La chanteuse blanche à la voix noire a laissé une em- prunte durable par sa personnalité complexe, sa voix unique, le don entier d’elle-même à son art, et sa mort tragique.
Hélène Palardy, chanteuse rock et conteuse, met sa voix au service de ce biopic chanté, décalé et intime de Janis. L’occasion de comprendre cette époque et ce qu’elle dit de la nôtre dans un spectacle habité.
Regard extérieur : Myriam Pellicane
Arrangements musicaux : Marc Savev
Partenaires : le Nombril du Monde, le Centre des Arts du Récit en Isère, la Maison du Conte de Chevilly-Larue, URFR de Poitou-Charentes, la FDFR 52, Chiny cité des contes.
JEUDI 12 MARS
Grande salle de réception
Grande salle de réception
18H00
Bernadète Bidaude : POÉSIE
Anne Deval, Cécile Delhommeau, Aline Hémagi Fernande et Myriam Pellicane
GRANDE SOIRÉE RÉVOLTE ET TRADITIONS – CAUSERIE
Le conte traditionnel ne s’inscrit pas dans un ordre établi : il est amoral, déraisonnable et frondeur. Le mythe, la légende, le conte et la poésie, par la mise en question de la condition et de la destinée humaine, sont au cœur de l’engagement personnel. Le territoire de la tradition orale peut ainsi se révéler être le champ d’une profonde confrontation politique. Les Sistas prendront comme référence leur expérience sur le terrain. De quelle manière et sur quel point la tradition les nourrit ?
De quelle manière et sur quel point la tradition les révolte?
REPAS
21H
Anne Deval, Cécile Delhommeau, Aline Hémagi Fernande et Myriam Pellicane + Sistas
- SUITE : CONTES, CAUSERIE, DÉBAT PUBLIC
VENDREDI 13 MARS
Grande salle de réception
18H00
Bernadète Bidaude : POÉSIE
KALI
Ummée Shah
Ummée Shah n’avait pas encore totalement quitté l’enfance quand dans un jeu avec ma sœur, elle l’a invoquée : « Jai Kali Maa ».
C’était de la raillerie et aussi de la provocation face au monothéisme devenu inébranlable à la maison.
Les adultes l’ont rappelée à l’ordre mais le mantra ne quittait plus mes lèvres. Elle a senti monter en elle quelque chose de fort, de très puissant et puis le vertige.
Elle a pris peur.
Kali avait mauvaise réputation avec ses yeux exorbités, sa langue pendue, sa guirlande de têtes humaines et cette peau noire, obscure et troublante comme l’ivresse du néant.
Le temps est passé et elle a fini par l’oublier.
Puis l’âge adulte. Et comme tous les adultes, elle livrait des combats, la plupart perdus d’avance, contre ses démons. Et après chaque bataille, ces démons se multipliaient, se transformaient, changeaient de forme pour mieux la surprendre.
Elle pensait rendre les armes quand elle est revenue : une force étrange dans ses entrailles, une volupté féroce, une colère jouissif. Il fallait détruire, rompre les liens, couper la tête des démons. L’heure était à la transformation et surtout à la libération.
Puis, à nouveau le temps et l’oubli avant de retomber sur la déesse dans les Nouvelles Orientales de Marguerite Yourcenar.
C’était une évidence : Kali serait l’héroïne de sa première création. Le récit d’un féminin sacré baffoué dont la colère et la vengeance sont jouissance .
DEPUIS L'ÉTERNITÉ, quand un enfant pleure, un sein jaillit d'une veste en laine. Maria, jeune femme rom dans une baraque sur un terrain squatté de la banlieue lyonnaise-Photo et texte Laurence Loutre Barbier |
Grande salle de réception à la Citadelle du Château :
LES HABITANTES de Laurence Loutre Barbier
exposition permanente de photographies de rues
« Elles peuplent, vivent et hantent la rue. Ce sont des filles coriaces qui ont en commun la précarité sociale et la force vive de celles qui par tous les temps foulent le goudron et arpentent la ville. »
exposition permanente de photographies de rues
« Elles peuplent, vivent et hantent la rue. Ce sont des filles coriaces qui ont en commun la précarité sociale et la force vive de celles qui par tous les temps foulent le goudron et arpentent la ville. »
Laurence Loutre Barbier - création poétique pour SISTAS
Elles peuplent, vivent et hantent la rue. Elles l’habillent, elles l’animent, ce sont des espèces de mauvaises herbes, asters des murailles, filles coriaces la peau sur le goudron, elles nous entourent, nous orientent, forment un sanctuaire, une part sacrée de l’existence, une collection obsessionnelle et remuante. Elles m’habitent depuis longtemps, elles ont en commun la précarité sociale et la force vive de celles qui par tous les temps foulent le goudron, arpentent la ville.
merci Bernadette de tes mots en poésie qui nous habillent
RépondreSupprimermerci Novella de tes photos qui nous retracent.
michele