Sistas 2019 en photo et en poésie


Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi

Entrées libres : de chair, de sang, d'esprit 

À chaque entrée,
se déploient les plans :
nos palais intérieurs
de fils, de fer, de sable, de poussière 


Couronnée de ficelles d’or,
l’empourprée Sista raconte mille et une nuits. 

Histoires sans âge, le cœur bat.
Et toujours ce sang qui ne veut pas se taire 


Cerclées d'un moucharabié de fer,
des ombres enchâssent le récit de la chair.
L'armure de toile sanglée d'alvéoles
prépare son voyage intérieur : à vos marques, prêtes...? 

 
Tendu dans sa robe de lumière,
un tremblement dans l'eau murmure nos contes intimes. 

Et de la ronde éblouie de l’onde s’élèvent des voix : 
esprit es-tu là ? 

Remonter la mémoire 
pierre après pierre 
qu'apparaissent
trace après trace

les miroirs éclats de notre ADN 
tous les possibles 

De chair, de sang, d’esprit, nous irons libres 

Bernadète Bidaude - Une Sistas pour les Sistas -



Autel improvisé - Aline La Sardine


Toutes les créatures, toutes les couleurs, toutes les idées et tous les corps int bel et bien leur place dans le monde que nous voulons! Sistas! avec le désir contagieux de créer du vivant-


Sistas 2019 - Exposition les Malles de Mer- par Michèle Bouhet- Collectage Cie de La Trace - Château de la Citadelle d'Oléron- Photo Novella De Giorgi -


Sistas 2019 - Exposition les Malles de Mer- par Michèle Bouhet- Collectage Cie de La Trace - Château de la Citadelle d'Oléron- Photo Novella De Giorgi -

Sistas 2019 - Expo photos Laurence Loutre Barbier - les Espaces inquiets - Château de la Citadelle-

Sistas 2019 - Christine Horman - Mélusine - Photo Novella De Giorgi -

Plonger dans le bain de Mélusine. 
 Devenir sa sœur.
Trouver le peigne magique, 
démêler le cœur trahi
par loyauté tragique. 

Par quelle promesse 
se joue l’histoire. 

De quel secret
nait la malédiction.

Par quel chemin
se noue le sort,
par quel mot de passe 
dénouer le corps . 

 moi, sœurs louves, ourses, serpentes... 
que vos aiguillettes enserrent toute jalousie, 
que cesse enfin l’étreinte de ma solitude, 
qu’éclatent les bulles ensilencées,
que je sois sorcière comme les autres.

Plonger dans le bain de Mélusine.
Devenir sa sœur.
Et découvrir que chaque peau de femme est une histoire sans âge, 
une histoire connue ou inconnue
toujours inattendue. 

Bernadète Bidaude 


photo Aline la Sardine


Vi Indigaïa - Tel le Ciel - Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi

 
Tel le ciel, le vivant, l’ouvert 
re-née
ré-enchantée
tu tangues. 


Sacré dérangement au pays des histoires. 
Dans un grand silence,
un cœur squelette attend.
Vagabondage du corps

qui se perd qui se tord
qui spirale et s’étonne.
Un silence, un souffle, un mot,
voilà la chair à nouveau
sur la délicate armature du cœur
et toujours ce sang qui ne veut pas se taire.


Tel le ciel, le vivant, l’ouvert 

Ta joie d’être cet arbre de gestes.
Tes yeux posent sur les jours de nouvelles promenades.
Au pays de l’ourse princesse,
des chorégraphies-cadeaux où tu chantes à tue-tête
des paroles qui se couchent l'une près de l'autre pour se tenir 
alors le corps est le monde. * 

Tu audaces
en haute-voltige.
tu prépares en toi 

ton ultime essence. 
Ce qui sort de toi 
ce troublant émoi 
c’est ta danse
c’est ta voix. 


Floraison qui te lie au monde. 

Tel le ciel, le vivant, l’ouvert 

* clin d’œil à Henri Meschonnic 



Bernadète Bidaude 


Sistas 2019 - Myriam Pellicane et Jeanne Ferron, conteuse invitée - Photo Novella De Giorgi


Photo Aline la Sardine

 
Métamorphose, Magma, Mouvance. Aline Hemagi Fernande, Pôm Bouvier-b, Michèle Bouhet. Sistas 2019 -Photo Novella de Giorgi -


Métamorphose, Magma, Mouvance. Aline Hemagi Fernande, Pôm Bouvier-b, Michèle Bouhet. Sistas 2019 -Photo Novella de Giorgi -




Énergie en archipels  filles
Improvisation en bandoulière  femmes
vous écoutez les battements du chœur suspendus  filles femmes


1, 2, 3
nous irons au bois
4, 5, 6
cueillir sons, paroles, voix folles et vives
7, 8, 9
espérer la rencontre entre lumière et ombre 10, 11, 12
le monde tangue étrange oscille et s’éprouve 


D’un pied, de l’autre, vous êtes en quête,
avec pour viatique métamorphose, mouvance et mémoire. 

Aux aguets vous traversez des contrées inédites :
de tourbillons d’extases orageuses et musicales
en volutes d’incertitudes en rappel... 


Changement de direction !
Toutes trois devant le miroir dans l’attente, à nouveau vous songez... 

et voilà qu’une chorégraphie émerge

Vous êtes à la fête :
sous vos yeux se dévoilent
des éclats d’histoires qui se déploient comme étoffes peintes, 

des couches colorées chevauchent les motifs veinés des récits, des personnages à tête animale vous regardent. 

La pensée file.
La parole tressaute. 

Le cœur bat. 

Derrière les masques : qui sommes-nous ?



Bernadète Bidaude 


Anne Borlée - Tisseuse d'Obscur - Sistas 2019 - Photo Novella Di Giorgi


Tisser l’obscur. 

Arrêt sur images. 

S’asseoir au bord du monde, 
vent en bandoulière,
ne plus rien savoir.


En route sur le chemin des mots-clés, 
des sens oubliés, des visions interdites, 
avec une furieuse envie d’en découdre. 

Pister dans l’obscur l’écho de nos rites païens.
Débroussailler les fonds marins de nos imaginaires détournés. 

Gratter le vernis des statues victorieuses.
Revisiter l’archéologie de nos échos passéistes en éco-féminisme.


Arrêt sur images.

Attendre la vision.

Retrouver l’histoire-racine,
celle qui empêche toute emprise .
Retrouver nos dragonnes, nos fourrures, nos écailles, 

nos peaux d’herbes folles, nos corps retrouvés.
Nous irons fières, sensibles, végétales et animales, 

tisseuses clairvoyantes de l’obscur.

Sistas en poésie 

Sistas polythéistes 

Sistas



Bernadète Bidaude


Photo Aline La Sardine






Myriam Pellicane - Hyène - Sistas 2019 - Photo Novella de Giorgi


Là-bas, dans la vallée où habitent les plaintes 
un mouvement sous l’écorce. 

Un vaisseau fantastique jaillit. 
À sa proue la mariée du vent, 
Léonora Carrington 

Avec elle, un permis de circuler dans les deux sens est accordé.

Chauffer le lait des rêves
de sa vie intense,
de son mystère,
de sa subversion. 


Inverser, renverser les images,
déchirer, briser les nuages,
soulever les portes de pierre,
et toujours ce sang qui ne veut pas se taire. 


Hyène en soif d’absolu, 
mystères d’entailles,
cris de rocaille,
aiguisent la soif indicible 

de la colporteuse d’image. 

Signatures inconnues, 
empreintes digitales,
passion des limites,
éprouvent notre reconnaissance, 

notre connaissance,
notre naissance, 
notre néant



Bernadète Bidaude


Photo Aline la Sardine




Marion Minotti - Amours Gloutonnes - Sistas 2019




Délicatement l’ongle du pouce fend la robe. 
Échappées belles des perles vert tendre
de la bouche vorace d’une femme poisson. 

Entendez-vous le swing de l’écho sage
des petits pois de senteur marine ? 

Bourdonnement à l’oreille, 
quelque chose déborde. 

Dans le chaudron de cuivre magique,
des doutes et des désirs,
Bouille l’amour bouille.
Rebonds légers dans la bassine de tes lisières 

tu chantes.
Au perlé
tu chuchotes
Et voilà qu’au ruban tu te tait. 


De ce magma quelque chose s’est perdu,
se transforme, tu ne te reconnais plus et tu trembles.
Serait-ce cet enfant-serpent vorace qui s’en vient sur le chemin, 

Où cette femme qui ne veut pas d’enfant que tu crains? 

Écoute !
Le bourdonnement d’abeilles revient, 

déborde à l’oreille.
Bouille l’amour bouille. 


S’en saouler pour cuisiner le bonheur à petites doses. 
S’en griser pour apprêter le bleu des âmes. 

Avec ce sentiment de liberté qui te tient
et cette faim jamais rassasiée qui t’obsède. 

Ce désir toujours renouvelé qui te transforme. 
Cette corne d’abondance que tu espères. 

Tu bouilles ma sœur, tu bouilles 

Vorace et belle. 

Bernadète Bidaude





 Sistas 2019 - La Bigaille - Photo Novella De Giorgi

L'Adieu au Visage - Laurence Loutre Barbier - Sistas 2019 - Photo Novella de Giorgi




Tu te tient là,
compagne de l’intime
sur le fil du chemin des âmes.
Au passage de l’adieu au visage,
tu prends soin.
Le coeur sous les mains,
l’autre sous les fleurs.
En poésie, tu pompes-funèbres.
En joie de vivre, tu nuages au-dessus des cercueils. 


Et voilà le visage est ensilencé. 

Sur les grandes dalles au fond des gorges,
des pas gravés dans le sang des pierres nous invitent. 

Parcourant le chemin depuis toujours emprunté,
nous côtoyons les promeneurs inconnus de l’autre rive. 


L’horizon se rapproche, les couleurs changent. 
Le matin plein de lumière s’étonne.
Au loin, quelqu’un nous fait signe,
une langue invisible traverse le temps,

une barque de pierre au drapé bleu dépose la passagère. 

Au loin un oiseau chante...
 

Bernadète Bidaude

Sistas 2019 - Annukka Nyyssönen - Cauquemare - Photo Novella De Giorgi



Tu te vois loupiote de dix lustres * 

noires les mûres, les mains violettes. 

Et la nuit venue ce poids sur ta poitrine, 
Cauquemare se tient là à t’étouffer. 

Ce qu’il y a sous nos lits,
ce qu’il y a dans le placard,
ce qui se tient dans le puits,
ce qui se tient dans nos cauchemars.
Toutes ces figures de l’ombre t’accompagnent. 


Et ton sourire content
à l’évocation de ces êtres. 

Du délice de la rencontre 
des figures de l’ombre 
des passages 

angoisses aussi dans le placard ! 

Oreille tendue à ces processions anciennes et nouvelles, 
tu donnes paroles au Croque Mitaine, au Couchuiteur, 
Homme au dos rouge et Bête Havette en boucles d’oreille. 

Revivre les triomphes et les terreurs de l’enfance,

suivre les ogres de la nuit,


de la forêt des origines pour se retrouver face à la merveille. 


Hardi les filles ! 

Retournons courir dans les bois, arpentons les landes et les falaises de nos imaginaires, laissons-nous surprendre par ces lieux et entités inconnus, et peut-être alors découvrirons-nous quelque chose...pour la première fois. 

* Clin d’œil à Valérie Rouzeau 

 Bernadète Bidaude


 
Swan Blachère - Gilgamesh - Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi


 
Anciens cailloux semés par maints Poucets, 
nos mots sont pâles reflets
des contes des mille et une vies, 

enluminures enrochées
qui nous font signe. 

2015. Barbarie.
Palmyre détruite !
Palmyre en ruine !
C’est le gong sur ton écran intérieur. 


Tu enfourches tes bottes de sept-lieux 
pour un sacré voyage
Tu archéologises
d’ici en Mésopotamie

sur les traces du défricheur des tablettes d’argile.

Ô Gilgamesh
sur le fil de quelle amoureuse amitié,

Ô Enkidou
sur le fil de quelle amitié amoureuse, 

vous tenez-vous ? 

De cette traversée sans âge,
cette quête d’immortalité,
ce dépouillement espéré,
simplement le chemin d’être un homme parmi les hommes. 


Les femmes sont là. Elles sont la clé.
Au croisement, au tunnel et jusqu’à la dernière qui te diras : 

Réjouis-toi car tu es vivant ! 

Et nous toutes à la joie d’écouter l’histoire, sommes là. 

 Bernadète Bidaude



Anne Deval - les combats de l'ombre 2 - Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi

 Anne Deval - les combats de l'ombre 2 - Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi


 
Sur le chemin des dames 
quelque chose se lève.
Une lumière inventive voit le jour. 


Par la force du rêve,
le geste répétitif se fait poing levé. 

Vika, femme ouvrière
se réinvente. 


Au même moment, dans les bois,
le petit Chaperon Rouge varie, dévie,

renverse, inverse l’histoire.
Sans compter sur le loup zadiste
qui vagabonde en forêt de loup en lutte 

et ne parle plus que de coopératives !

De la circulation des femmes,
de quelques hommes aussi,
le collectif s’en vient.
Que d’ardeur pour changer les imaginaires ! 

Long souffle de la condition humaine ! 

À l'affût,
sur le qui-vive,
de ce qui rassemble,
de ce qui dépasse,
des révoltes, des cris
de mouvantes extravagances 

émergent. 

Les combats de l’ombre offrent 
les paroles qui ne meurent jamais 

Vika,
sœur sorcière,
je suis Morgane de toi ! 



 Bernadète Bidaude


Hélène Palardy les Rives de Jasper - Sistas 2019 - Photo Novella de Giorgi
 
Du cours de l’eau
au cours de la vie,
du cours des choses
du courage de l’ordinaire

 résonnent les rives de Jasper.

À l’ombre
d’un père silence
d’une mère courage
et de tous les absents sur le rivage, 

faire un vœu, nommer les oiseaux 
fermer les yeux, compter les bateaux 
ne suffit pas.

Saperlipopette ! 

À la une à la deux à la trois ! 

Partir le cœur tapant sur le fil de la mémoire,
tirer sa parole pour se rafistoler de la tête aux pieds 

s’aventurer à tracer les lignes d’une main, 
ramasser le petit bois à flamber le sort,
allumer le rêve qui n’a pas encore été fait. 


À la une à la deux à la trois ! 

Le vaisseau des utopies sous un ciel de lit
navigue en haute mer à contre courant . 

Rendez-vous demandé à la porte des jours heureux 
en tout signe
en toute langue

en silence


 Bernadète Bidaude

Julie Boitte - Celle qui avait une plume - Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi
 
Celle qui a une plume,
il lui manque une case... 
quelle étrangeté magique !

De la folie ordinaire
de menus bleus s’éparpillent. 

Les pieds sur terre,
pas de logique ! 


De l’art de se perdre,
de rêve-errance,
de renouveler l’air,
c’est juste une question de degré. 


Un fil invisible déroule son bleu, 
sous la table de la salle à manger, 
sur le dos d’une colline
au fond d’un jardin incertain. 

 
Suspendue à la fenêtre,
une boule de verre bleue
se raconte une histoire. 

L’ombre grisée des branches 
sur le mur ocre
l’écoute. 

Bleu des lointains, bleu des bleuets, lavande,
pervenche, myosotis et gentiane,
lapis-lazuli, aigue-marine, bleu de nuit, indigo et cyan...
ces bleus-là sauvent du malheur pendant quelques éternités. 


S’en saouler pour cuisiner l’étrangeté à petites doses. 
S’en griser pour apprêter le bleu des âmes. 


 Bernadète Bidaude


Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi

La technique avec Swan Blachère - Régie Générale - Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi
Photo Aline la Sardine

Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi

Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi
 
Anne Borlée et Blaireau, un conteur de la Gang des Piverts ! Sistas 2019 - Photo Novella De Giorgi

" Libertaires amazones, chères serpentes dragonnes soldates de l'engagement des imaginaires...
En tant que public on assiste à diverses propositions et pour peu que l'on enchaîne la semaine, on perçoit l'importance de la loge. On sent les artistes chargées de l'énergie, des questions soulevées dans la matinée, puis la semaine.
En tant qu'homme, je me suis senti accueilli dans des paroles qui questionnent aussi notre place : injonctions, dicktats, stéréotypes, fables.. tous ces récits, ces constructions qui polluent nos représentations, nos rapports au monde et aux femmes. Pour ceux qui ont commencé ce chemin, cette prise de conscience, vous enfoncez des coins et c'est salutaire....(.....) en tant que père, les Sistas c'est un cadeau pour notre fille ( petite ourse), une fenêtre artistique vers l'émancipation... j'aurais aimé voir des spectacles, des propositions comme les votres gamin.
En tant que jeune conteur, je vous perçois comme des bornes sur mon chemin. Des bornes qui me délimitent pas mais ouvrent des possibles.
Sur l'Archipel... des phares?
Merci, 1000 fois merci les Sistas"
Blaireau, la gang des Piverts - Oléron 2019

Laurent, l'illustre cuisinier des Sistas en pause Sieste, expo photo de Laurence Loutre Barbier, ici un portrait de "Voyage Parfait" - 
Merci à l'équipe des cuisinier(e)s, le sublime trio : Laurent, Nicolas et Audrey.
Photo Aline la Sardine


Peter, écrivain américain, membre actif de Contes en Oléron, ses couteaux, ses cookies..
Les conteurs et conteuses apprenties, invités de Sistas avec Blaireau et Naruto les deux shinobis du Gang des Piverts
Le jeune conteur Naruto à Oléron ... sur les traces de Blaireau, merci à eux pour leur soutien participatif à Sistas
En sortant de Cauquemare avec Annukka



 May Day celebration, Lvov, Ukrainian SSR, 1968. ME TOO. Clin d'Oeil de la Loutre.

Le clin d'oeil de Catherine Pierloz - Sistas 2019

1 commentaire:

  1. Les mots de Bernadette nous raconte tellement dans notre quête à Dire nos utopies ....Merci Bernadette
    Les photos de Novella témoignent des instants fragiles et forts de nos constructions,de ce qui nous échappent dans l'instant....Merci Novella

    RépondreSupprimer